Bilinguisme, un atout pour l’enfant


 
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Erik Witsoe

Ligne de crédit : Unsplash


Les flux migratoires prennent différentes formes comme l’asile politique ou une expatriation pour un emploi. De nombreux enfants grandissent dans un environnement avec plusieurs langues qui se côtoient. Le plurilinguisme est donc une richesse culturelle mais peut être une difficulté pour l’enfant dans l’apprentissage du langage.

Le bilinguisme, qu’est-ce que c’est ? C’est le fait de pratiquer couramment deux langues. Mais souvent, le rapport entre les deux langues est inégal. Une langue est parfois dominante par rapport à l’autre. En effet, selon la situation, la langue parlée n’est pas la même. Souvent, il s’agit de la langue familiale, celle parlée à la maison tandis que la seconde est la langue enseignée par le milieu scolaire. Il est notamment intéressant de voir que la maîtrise de chaque langue peut être différente. La langue de la famille est parfaitement maîtrisée au niveau de l’oral mais ce n’est parfois pas le cas au niveau de l’écrit, tandis que la langue de l’école, par l’apprentissage, va être amenée à être maîtrisée sur les deux versants.

Il existerait trois bilinguismes différents qui dépendraient de divers facteurs comme le niveau de compétence, l’âge ou bien encore l’appartenance culturelle.

Lorsque l’enfant est en contact direct avec deux langues au début de l’apprentissage du langage, on parle de bilinguisme précoce et simultané.

Le bilinguisme précoce et consécutif est présent chez les enfants qui découvrent une seconde langue, celle de la société, lors de leur entrée dans l’école. Cependant, ils ne parlaient avant que la langue de leur famille. Ils découvrent alors une nouvelle culture avec ses propres règles grammaticales et sa propre syntaxe. Il est donc très important pour les enseignants de prendre en considération ces variations culturelles pour ainsi mieux accompagner l’enfant dans son apprentissage.

Le bilinguisme tardif concerne les enfants qui ont découvert une seconde langue dans leur environnement après six ans. Là, les enfants ne sont plus dans leur période sensible qui dure, selon Montessori, entre 2 ans et 6 ans. Pendant cette période, l’enfant aurait une attention particulière et les fonctions cognitives efficaces lui permettant d’assimiler certaines aptitudes sans apprentissage. C’est le cas notamment du langage. L’enfant comprendrait la logique de la construction de la langue, la compréhension du sens et les détails de l’accentuation. Selon J.Hirsch, le cerveau traite plusieurs langues comme une langue unique quand elle est apprise tôt. Cependant, quand elle est apprise plus tard, il faut plus d’espace pour classifier les différentes langues.

A la lecture de toutes ces explications, on pourrait être amenés à penser qu’il serait mieux d’apprendre une deuxième langue le plus tôt possible. Des études tendent à aller dans ce sens. Selon A. Bialystok et K.Hakuta, les performances d’apprentissage d’une seconde langue diminuent quand l’âge augmente au sein d’une population immigrée. Pour d’autres chercheurs, la plasticité au niveau des apprentissages favorise l’accès aux langues. De plus, contrairement aux adolescents, les enfants sont moins inhibés et ont moins peur de se tromper.

Mais, il est important de rappeler que l’on peut apprendre une langue à n’importe quel âge. Un adulte peut devenir bilingue, mais l’apprentissage sera plus long et laborieux car des ressources cognitives seront plus mobilisées que pendant l’enfance.

Selon B.Abdelilah-Bauer, le bilinguisme serait un atout pour l’enfant au niveau de plusieurs plans : cognitif, personnel et social. Le fait d’avoir deux systèmes de représentations mentales précocement organisés permettrait d’avoir une gymnastique mentale plus souple. De plus, les enfants auraient des compétences communicatives adaptées aux situations et aux différents interlocuteurs.

Cependant, le développement égal des deux langues est rare. On retrouve peu de bilinguisme équilibré. Il y aura toujours une langue qui sera dominante par rapport à une autre. Il est donc très important d’avoir en tête les spécificités de chaque langue. Il faut remettre l’enfant ou l’adulte dans sa culture afin de mieux comprendre certains réflexes linguistiques. Le bilinguisme est un enrichissement qui se retrouve dans notre langue française avec des mots empruntés de diverses origines. Il est donc important que les professionnels (médicaux ou de l’enseignement) soient formés pour favoriser le relais avec la famille et veiller à la bonne communication avec l’enfant bilingue.

Marine