L’expansion du christianisme par Constantin Ier


 
Claudio SchwarzLigne de crédit : Unsplash

Claudio Schwarz

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Le christianisme est une religion monothéiste provenant de la Palestine, elle est incarnée par Jésus-Christ et fait son apparition vers l’année 30, après la crucifixion de Jésus de Nazareth, le Messie condamné à mort pour « trouble publique » et non-respect de la loi juive. Quelques communautés chrétiennes vont alors se créer, par le biais de plusieurs disciples de Jésus et cela dans de nombreux endroits tels que Alexandrie, Rome ou encore Antioche. Cette religion est véritablement minoritaire au sein de l’empire romain et le sera durant de nombreuses années.

Le christianisme va néanmoins se diffuser progressivement, dans un premier temps en Occident puis en Orient. Il sera difficile pour elle à émerger en particulier du Ier siècle jusqu’au début du IVème siècle.

 

Le christianisme et ses fidèles connaissent de réelles difficultés au sein de l’empire romain, en effet, bien que les chrétiens ne soient pas véritablement détestés au Ier siècle, le IIème et le IIIème siècle seront véritablement complexes pour eux. A cette époque, les chrétiens ne sont pas acceptés au sein de la société et sont persécutés, violentés, marginalisés. Pourquoi ? Parce qu’ils ne suivaient pas les directives romaines, ils ne vénéraient pas les dieux « officiels » et refusaient les sacrifices pour honorer l’empereur, tout comme porter les armes. La communauté chrétienne à connue, depuis les premiers siècles, de réelles difficultés à pratiquer sa religion.

 

Il faut attendre l’année 313 pour que le christianisme soit accepté, cette année constitue, pour la communauté chrétienne, un réel tournant. Les chrétiens ne sont plus persécutés et peuvent exercer leur religion librement. Cette religion est alors considérée comme égale aux autres, elle ne possède plus de statut inférieur. C’est par l’édit de Milan en 313, que les chrétiens voient leur situation changer, telle était la volonté de l’empereur romain Constantin Ier (partie occident), en accord avec l’empereur romain Licinius (partie orient). C’est un édit promulguant la tolérance par lequel chacun peut « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel ». La légalisation du christianisme est un élément majeur qui va avoir une réelle importance dans le monde romain.

 

Par la suite, de nombreux droits sont accordés à l’Eglise chrétienne tels que la justice épiscopale, l’affranchissement d’esclaves, de nombreuses ressources ainsi que des privilèges (exemption de charges pour les clercs par exemple). Le christianisme a même un impact direct sur la législation impériale, on le voit notamment avec certaines constitutions : pour améliorer les conditions de vie des prisonniers, pour protéger davantage la famille, pour lutter contre l’esclavagisme d’enfants. Petit à petit, le christianisme se rapproche de la législation et devient intimement lié au pouvoir impérial. Le polythéisme règne cependant dans l’empire, les chrétiens restent minoritaires mais sont à présent soutenus.

 

Constantin I, plus que Licinius, voulait que les chrétiens soient véritablement libres de pratiquer leur religion, dans le but de maintenir une certaine paix et une stabilité au sein de l’empire romain. Nous ne pouvons affirmer que Constantin I était chrétien lors de la rédaction de l’Edit de Milan, cependant l’on peut le supposer quelques années plus tard. C’est notamment par Constantin que le christianisme se développe réellement au détriment des autres religions.

En effet, en 324, Constantin s’empare du pouvoir impérial, il maitrise l’Orient et l’Occident après avoir triomphé de Licinius. Ce dernier maltraitait certaines de ses communautés, à commencer par les chrétiens. C’est pourquoi, Constantin est intervenu. Il parait alors être le défenseur des chrétiens. Le christianisme semblait être respecté en Occident et non pas en Orient, il va alors tenter de rétablir rapidement cela par de nombreux textes où il semble affirmer ses propres convictions chrétiennes. Il est d’ailleurs le premier empereur à se déclarer « chrétien » et à favoriser le christianisme.

« Je désire, pour le bien de l’ensemble de l’univers et de tous les hommes, que ton peuple vive dans la paix et sans trouble. Que ceux qui sont dans l’erreur jouissent avec bonheur de la même paix et de la même quiétude que les fidèles. Car la douceur de ce partage pourra les corriger et les amener eux aussi dans le bon chemin. Que personne n’inquiète son prochain. Que chacun s’en tienne au choix de son âme et en fasse profit. » (EUSÈBE DE CÉSARÉE, Vie de Constantin, 2, 56, 1.)

 

Dès lors, Constantin Ier semble vouloir la paix au sein de l’empire mais ne pense plus à une éventuelle égalité sur le plan religieux. Il privilégie les chrétiens et cela devient de plus en plus visible, le pluralisme religieux reste cependant très respecté. Les lois après 324, sont davantage en faveur des chrétiens : la justice épiscopale est de plus en plus utilisée ; les juifs convertis au christianisme sont protégés ; les hérétiques sont privés de privilèges, le judaïsme est limité. En plus de la loi, les constructions de lieux de cultes chrétiens deviennent plus fréquentes. Le début d’une monarchie « chrétienne » semble émerger par l’appui de l’empereur. Le christianisme n’est pas majoritaire à la mort de Constantin en 337 et n’est pas la religion officielle, cependant, elle connait une réelle ampleur. Cela va se confirmer quelques décennies plus tard, le christianisme sera davantage mis en avant au fil des années, dans le domaine judiciaire, fiscal, social et politique.

 

En 394, le christianisme, porté par Constantin et ses successeurs (en particulier Théodose qui règne de 379 à 395), devient l’unique religion d’Etat. Après avoir été constamment persécuté, le christianisme domine pleinement au sein de l’empire romain, en Occident comme en Orient et marque pleinement sa domination sur ce large territoire. Constantin a permis ce basculement progressif, il est celui qui a déclenché l’expansion du christianisme.

 

 

Sacha Nizet