La dérive


 

Carte psychogéographique de Paris par Guy Debord


Dériver dans les rues de la ville. Se détourner du cours déjà tracé. Certains en ont fait une théorie, une critique de l’urbanisme moderne et quasiment un style de vie. Je veux parler des situationnistes. Le situationnisme est un mouvement contestataire hérité du marxisme et du surréalisme qui souhaite en finir avec la société de classes, avec la société du spectacle et avec la marchandisation à outrance. Le projet des dériveurs, ayant comme figure principale Guy Debord, se situe dans une histoire précise, celle des bouleversements sociaux survenus des années 1950 aux années 1970, se situe dans un mouvement précis, celui des lettristes et des situationnistes, et se situe également dans un lieu précis, en l’occurrence Paris.

« Entre les divers procédés situationnistes, la dérive se définit comme une technique du passage hâtif à travers des ambiances variées », écrit Debord dans son article « Théorie de la dérive », publié en 1956 dans le journal belge Les Lèvres nues. La dérive, définie par ce dernier comme « une forme de comportement expérimental » dans son article « Écologie, psychogéographie et transformation du milieu urbain », la dérive psychogéographique des situationnistes (nous y reviendrons), s’oppose au voyage et à la promenade. S’adonner à la dérive, c’est rejeter le but de la sortie et de la marche urbaines, c’est également renoncer aux raisons des déplacements habituels dans la société occidentale, qui se résument bien souvent aux lieux de travail et aux lieux de divertissement et de loisir.

On se rend compte que, dans nos villes, on vit et on suit toujours un même schéma, un même parcours, alors même que cette ville peut parfois atteindre plusieurs millions d’habitants et qu’elle possède des dizaines de quartiers différents. Debord prend notamment l’exemple d’une étudiante du XVIe arrondissement de Paris dont la vie urbaine se résume à trois points : l’École de Sciences politiques, son domicile et le domicile de son professeur de piano. Comme le fait remarquer Debord dans La Société du spectacle, la ville, prônant et vantant sans cesse la mobilité humaine et marchande (mais c’est finalement la même chose dans notre système économique), crée une fixation de l’espace urbain et une immobilité au quotidien. Comment, alors, (re)trouver une autre voie dans la ville pour mieux jouir de celle-ci ? La difficulté de la dérive, la dérive n’étant qu’un résultat de la création de grandes villes, n’est-elle pas celle, finalement, de la liberté ?

On peut faire remonter l’origine de la dérive à l’origine des grandes villes modernes, notamment Londres. Au début du XIXe siècle, Thomas de Quincey, proche de Coleridge et intime de Wordsworth, relate ses dérives urbaines dans ses Confessions d’un mangeur d’opium anglais, écrites en 1821. Il dérive dans les rues et les environs de Londres. Il dérive, il erre c’est-à-dire, il erre obsessionnellement dans la ville, parfois intoxiqué par de l’opium – « ce créateur redoutable de joies et de peines inimaginables ! » – qu’il ingère sous forme de laudanum, autrement appelé vin d’opium. De Quincey voit la ville comme un espace à déchiffrer, et accède à des espaces urbains oubliés, où il rencontre, par le hasard des rencontres, des marginaux, des prostituées beaucoup – comme Ann, jeune prostituée qui le sauve après un malaise dû aux conditions miséreuses de sa vie –, des personnages mystérieux et des étudiants aussi. « En ce temps de ma pauvreté, j’étais péripatéticien. J’arpentais les rues. Bien entendu, je rencontrais surtout des péripatéticiennes à qui l’on donne le nom de filles des rues. » Ses pérégrinations miséreuses dans les rues et les espaces londoniens marquent le début d’une nouvelle possibilité pour l’homme des grandes, des monstrueuses villes transformées par l’industrie : la dérive.

On voit de la dérive, par la suite, dans les flâneries françaises, et plus précisément parisiennes, où une sorte d’esprit psychogéographique s’installe progressivement. Baudelaire, lecteur de Thomas de Quincey, mais aussi de Poe, auteur d’une nouvelle intitulée « L’homme des foules », poétise ce mode de vie de l’errance urbaine par le biais de cette figure du flâneur parisien, aristocratique, solitaire, oisif, et incarnant le mouvement perpétuel des nouvelles métropoles. Le flâneur, bel et bien, dérive, erre dans les rues, est toujours en mouvement, comme la ville, et paresse en marchant, et agit en ne faisant rien, et use de son temps à le perdre. Le flâneur marche, non pas pour aller quelque part, mais pour marcher ; il marche sans but et se laisse porter par les ambiances urbaines. Cette marche prend alors des tournures esthétiques, où la liberté de circuler et l’observation des spectacles urbains sont implicitement ou non prônées. Le flâneur expérimente la ville sous divers aspects et obtient, par l’intermédiaire de ses flâneries, une perception singulière de l’espace et du temps urbains : en dessous du quotidien urbain se cache un monde souterrain-à-ciel-ouvert à interpréter. Il défie, peut-être même sans le savoir parfois, les grandes lignes urbaines qui commencent à être créées par l’État, la marchandisation et l’arraisonnement systématique naissant prenant de plus en plus de place.

Walter Benjamin, témoin de tous ces bouleversements urbains, tente de mieux comprendre cette figure du flâneur dans Paris, capitale du XIXe siècle. Paris est devenu, après l’industrialisation, cet espace urbain qui a fait naître de nouveaux comportements et une nouvelle manière d’aborder les relations humaines également. Néanmoins, Benjamin pointe également du doigt que cette flânerie a été rendue possible par la production capitaliste, mais que l’existence du flâneur, même en étant le produit de cette économie, est menacée au sein même de ce qui l’a vu naître, la ville devenant seulement une multitude de marchandises qui se côtoient. La ville : créatrice-destructrice du flâneur.

Mais la dérive continue. Le flâneur parisien du XIXe siècle laisse sa place au promeneur surréaliste des années 1920 qui, malgré de grandes différences avec les dériveurs à la Debord, entretient ce style de vie de vagabond urbain où l’érotisation de la ville tient une place importante. Les dérives situationnistes prennent sans doute appui sur les promeneurs surréalistes à Paris : la marche est créatrice de sens et la ville un espace à déchiffrer ainsi qu’un espace de jeu. Mais, tandis que les surréalistes comme Breton mettent l’accent sur le hasard, les dériveurs situationnistes quant à eux défendent que le hasard, en ville, n’existe pas, dans la mesure où quelque chose nous pousse à reproduire les mêmes chemins et les mêmes trajets. Malgré les ressemblances avec l’errance miséreuse et parfois droguée d’un Thomas de Quincey, avec le flâneur ou encore avec le promeneur surréaliste, le dériveur situationniste se différencie par sa visée critique : dériver consiste certes à marcher dans la ville, mais en se détournant des trajets communs, habituels, quotidiens, et en critiquant activement la géographie urbaine moderne. Dériver revient à se laisser porter, à se laisser aller à des actes et des rencontres inattendus, mais l’acte même de dériver a comme objectif de reconnaître les déterminismes urbains, d’où la portée émancipatrice de la dérive.

L’objectif, donc, est l’exploration directe du terrain urbain afin de constituer un urbanisme psychogéographique, du moins est-ce le projet de Guy Debord et ses camarades dériveurs. On peut certes dériver tout seul mais il vaut mieux être un petit groupe, afin de regrouper les impressions et de parvenir à des conclusions qui tendent vers l’objectivité. « Les enseignements de la dérive permettent d’établir les premiers relevés des articulations psychogéographiques d’une cité moderne », écrit Debord (« Théorie de la dérive »). Le but de ces dérives, qui consistent donc à ne rien attendre de la sortie urbaine, de ne rien espérer, et qui a comme condition de possibilité de s’affranchir de toute raison et de toute obligation du quotidien, c’est de changer l’urbanisme et l’architecture modernes, étatiques, conçus comme des moyens d’oppression et d’aseptisation de l’expérience urbaine. En réaction à l’urbanisme rationnel et fonctionnalisant qui permet d’accroître l’aliénation liée à la consommation, les situationnistes proposent une nouvelle manière d’envisager la vie urbaine par la psychogéographie, qui réalise un lien entre l’espace et la psyché, qui consiste à dériver et à créer des cartes et des plans, selon les changements d’ambiance, parfois brutaux, entre les différents quartiers d’une ville, par exemple. « La psychogéographie se proposerait l’étude des lois exactes et des effets précis du milieu géographique, consciemment aménagé ou non, agissant directement sur le comportement affectif des individus », écrit Debord dans son « Introduction à une critique de la géographie urbaine ». Les cartes et les plans psychogéographiques ressemblent alors à des subjectivités cartographiées, qui font référence à des situations toujours uniques et à des récits toujours particuliers, liés à l’expérience de la dérive. Il y a néanmoins un paradoxe dans la publication de ces cartes dans la mesure où, en les créant et en les dévoilant, on donne au pouvoir en place l’opportunité d’authentifier les espaces qui restent à uniformiser et à débordéliser.

S’insurgeant contre l’urbanisation moderne, qui provoque l’isolement des individus et parfois même leur exclusion, les situationnistes ont la volonté de fonder, ou parfois simplement d’imaginer, des villes permettant l’expérience de situations, à la fois inattendues, singulières et fugitives. L’isolement de la population, en effet, est un moyen de contrôle efficace. Ce « mouvement général de l’isolement » est même selon Debord « la réalité de l’urbanisme », l’urbanisme n’étant qu’un moyen pour l’État de créer des « individus isolés ensemble » (La Société du spectacle).

Avant d’en revenir à une explication plus approfondie de la dérive situationniste, voyons ce que donnent ces dérives, regroupées dans l’œuvre de Debord sous le nom de « Deux comptes rendue de dérive ». Le premier compte-rendu décrit une dérive de lettristes, personnes appartenant au mouvement lettriste qui prônent, pour le dire grossièrement, la musicalité des lettres dans tous les arts, mouvement fondé par Isidore Isou en 1945. Pendant cette dérive, qui commence un soir de 25 décembre, ils font la rencontre d’un Antillais d’une quarantaine d’années dans un bar algérien se situant rue Xavier-Privas à Paris, non loin à pied de la cathédrale Notre-Dame. La dérive continue sur plusieurs jours. Ils se retrouvent le lendemain à discuter avec l’Antillais et sa femme où conversations délirantes, cris, danses et agitation intense s’entremêlent. Ils y retournent le 31 décembre, où une bande d’Algériens occupent les lieux et discutent avec K., le gérant du bar, d’une histoire de stupéfiant et de fausse monnaie. Ils dérivent dans les rues puis retournent au bar, où l’ambiance est glaciale. Ils décident de partir mais sont poursuivis par deux hommes. Ils courent. Ils les sèment finalement, en empruntant des ponts, un magasin et plusieurs stations de métro.

Qu’en est-il de la seconde dérive ? Debord et Wolman vagabondent dans Paris, d’abord dans le XIe arrondissement, où ils voient un « paysage petit-bourgeois repoussant ». Ils dérivent ensuite dans le XXe arrondissement, marchent dans des passages étroits, puis vers des terrains vagues et en construction. Ils traversent une butte, traversent « des rues vides, d’une consternante monotonie de façades ». Puis ils surgissent au niveau du canal Martin, ensuite au niveau de la rotonde Claude-Nicolas, appelée aussi rotonde de la Villette. Ils y repèrent là, au niveau de la rotonde, « une importante plaque tournante psychogéographique » « ouverte sur au moins quatre pentes psychogéographiques notables », en l’occurrence le canal Martin, le boulevard de la Chapelle, la rue d’Aubervilliers et le canal de l’Ourcq. Ils continuent leur dérive vers le nord, mangent un bout au passage, suivent la rive droite, longent quelques bars de mariniers, puis s’engouffrent dans un bar espagnol nommé par les ouvriers du coin « Taverne des Révoltés ». Ils errent encore dans Aubervilliers, puis décident d’arrêter cette dérive, qu’ils jugent globalement inintéressante. Ils décident néanmoins de retenter ce genre d’expériences urbaines, une grande partie de Paris et de sa banlieue restant encore inconnue à leurs yeux. Wolman, camarade de Debord, lui propose ensuite une prochaine dérive, toujours avec cette idée qu’elle recèle une potentialité illimitée.

Voilà comment pouvait se passer une dérive situationniste, dérive qui commençait et qui finissait avec de l’alcool, véritable carburant de Debord et de ses compagnons dériveurs. Les premières dérives consistaient notamment à faire du stop, à marcher sur la longueur, à acheter du vin... et puis c’est tout. La dérive se pratiquait toujours avec de l’alcool, et provenait d’une certaine habitude de boire dans les rues de la ville, d’aller de bar en bar également. L’espace psychogéographique était alors très restreint, du moins pour ces premières expériences. C’est seulement par la suite qu’est intervenue la théorisation de cette pratique, qui menait les dériveurs, parfois et selon leur dire, à des marches sensationnelles où la découverte était perpétuelle, la discussion intéressante et sans fin, et la saoulerie toujours présente. La dérive a été ensuite théorisée comme un moyen de subvertir les espaces urbains habituellement fréquentés raisonnablement et rationnellement : se rendre au travail, aller à l’école, faire ses courses ou les magasins, etc. Elle est présentée comme l’exact contraire du divertissement qu’impose la société marchande et capitaliste, qui consiste à payer pour s’oublier de vivre et se rendre étranger à soi-même.

Les dériveurs se placent contre le Paris en construction, contre le Paris qui s’uniformise et qui se marchandise. On voit à présent le résultat de ce type d’urbanisation et d’architecture : les grandes villes souvent se ressemblent, avec les mêmes grandes avenues et les mêmes boutiques. Les situationnistes critiquent cet urbanisme étatique et les architectes qui le font naître. Les espaces les plus critiqués sont sans doute les espaces de consommation de loisirs – comme l’urbanisation d’un stade de football et de ses environs – ou encore des villes comme Sarcelles, où le paysage est peuplé de grandes tours rendant captive la nature, où a été fabriquée sur-mesure une architecture destinée aux pauvres. Debord écrit dans La Société du spectacle en 1967 : « Pour la première fois une architecture nouvelle, qui à chaque époque antérieure était réservée à la satisfaction des classes dominantes, se trouve directement destinée aux pauvres. La misère formelle et l’extension gigantesque de cette nouvelle expérience d’habitat proviennent ensemble de son caractère de masse, qui est impliqué à la fois par sa destination et par les conditions modernes de construction. » Les villes critiquées par les situationnistes sont celles qui juxtaposent des espaces aux activités différentes reliés par des non-lieux, comme des centres commerciaux, des escalators ou encore de longues routes droites.

Dans ces villes, qui sont finalement nos villes, les trajets urbains sont des trajets abstraits dans l’espace avec des déplacements soumis à la rationalité technique et économique. L’urbanisme et l’architecture ont été mis en place pour réaliser des trajets sans détours, pour aller au plus simple et surtout au plus fonctionnel. On suit les mêmes chemins et les déplacements urbains deviennent ainsi pauvres en découverte. C’est le métro boulot dodo-micile. La dérive va justement à l’encontre de la rationalité urbaine mise en place à partir du XIXe siècle, d’où, pour les situationnistes, l’importance de l’alcool, qui a comme pouvoir de désinhiber et de permettre l’irrationnel. Elle va également à l’encontre de ces villes entièrement construites autour de la voiture, dont Debord parle en ces termes dans son « Introduction à une critique de la géographie urbaine » : « Aussi bien l’actuelle abondance des voitures particulières n’est rien d’autre que le résultat de la propagande permanente par laquelle la production capitaliste persuade les foules – et ce cas est une de ses réussites les plus confondantes  – que la possession d’une voiture est précisément un des privilèges que notre société réserve à ses privilégiés. » Le dériveur, cet aventurier urbain, a alors comme rôle de lutter contre la mise en place de ces villes, et de découvrir des espaces urbains avec des caractéristiques sensibles particulières, uniques par son ambiance et son esthétique. Il s’agit d’isoler les ambiances urbaines pour les relier ensuite entre elles. Dériver revient à détourner l’espace urbain moderne, et son cours tranquille soporifique, qui n’a comme objectif que de maintenir et d’orienter rationnellement les masses, en témoignent les boulevards haussmanniens. On comprend mieux pourquoi des situationnistes étaient fascinés par le labyrinthe et pourquoi ils voulaient labyrinthiser les grandes villes afin d’instaurer de l’unité bordélique et ludique là où il y a(vait) de la fragmentation rationnelle.

La dérive, au départ une sorte d’habitude, de style de vie quasiment, qui peut se rapprocher au premier abord à de simples balades alcoolisées, a néanmoins été théorisée comme un acte d’émancipation par les situationnistes comme Guy Debord. Comme nous l’avons vu, elle est une manière de lutter contre la modernisation urbaine rationnelle qui, par son architecture, veut éradiquer le bordel de la ville, les singularités urbaines, et est une manière également de (re)découvrir les villes. Cette époque situationniste appartient néanmoins au passé et on remarque que de nombreuses réflexions et théories n’ont plus vraiment de sens actuellement : nous vivons dans un monde où la dérive, loin d’être impossible, n’est cependant plus envisageable dans les consciences. Au lieu de dériver, d’errer dans les rues de la ville, on préfère surfer, non pas sur les vagues – ce serait si beau –, mais sur le réseau mondial.

Que peut aujourd’hui cette théorie de la dérive ? Peut-elle encore résonner en nous ? La théorie de la dérive, même si on ne s’adonne pas à la dérive elle-même, nous permet d’envisager une critique de notre urbanisation et de notre architecture, nos villes restant annexées par les grandes enseignes, par les places fonctionnelles mais où tout le monde reste isolé, par les centres commerciaux immenses où toujours passe une musique abrutissante, par les espaces urbains aménagés pour la voiture et seulement pour elle, etc. Le contrôle urbain s’est même renforcé, puisqu’il n’est plus simplement architectural mais également purement technique, par la mise en place de caméras de surveillance à chaque coin de rue. L’architecture moderne et contemporaine, bien souvent et comme l’analyse Mickaël Labbé dans son livre Reprendre place : contre l’architecture du mépris, négligent et dédaignent les habitants, par l’installation de caméras, par la mise en place de bancs à usage individuel ou de bancs anti-SDF, ou en façonnant la ville, non pas pour ceux qui y habitent, mais pour le consommateur. Ce mépris par l’architecture et l’urbanisme crée chez les habitants le sentiment qu’ils sont dépossédés de leur propre ville.

La ville, devenant le lieu de la liberté individuelle et politique au tournant du XIXe siècle, est à la fois le lieu du contrôle et celui de l’émancipation, à la fois le lieu de l’aliénation et celui de la libération. Une réflexion à partir de la dérive a le mérite de nous permettre de penser aux déterminismes façonnés par notre urbanisme, ce qui représente une première étape dans l’élaboration d’une émancipation future. Comme le chante le groupe de rock espagnol Vetusta morla dans sa chanson La deriva, « hay esperanza en la deriva » (il y a de l’espoir dans la dérive)... Il y a l’espoir d’une urbanisation et d’une architecture pensées, non pour l’efficacité rationnelle et marchande ni pour le contrôle et le mépris de la population, mais davantage pour les découvertes, les expériences diverses, le jeu et les rencontres. Il y a de l’espoir dans la dérive, l’espoir que la gratuité du geste soit plus présente et qu’une critique approfondie du système dominant soit encore possible. ...Ça vous dit une dérive un de ces quatre ?


Simon Turquin